Jui
Le 12 Juin 2009, les iraniens se rendaient aux urnes pour élire leur président.
Avec un taux de participation (85%) digne d’un fantasme de politicien, le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad a été réélu en recueillant près de 63 % des voix.
Réélection aux conséquences explosives pour un président de la république qui finalement ne possède qu’un pouvoir virtuel dixit la Constitution qui définit le président comme la plus haute autorité de l’État après le Guide de la Révolution.
Guide de la Révolution ou Guide Suprême deux titres pour un seul homme & unique chef spirituel, Ali Khamenei , le responsable de la supervision des politiques générales de la République islamique d’Iran qui dispose d’un droit de regard et la capacité de bloquer toute politique ou décision présidentielle qui ne lui conviendrait pas.
Actuellement les partisans de Mir Hossein Moussavi concurrent de Mahmoud Ahmadinejad descendent dans la rue pour réclamer de nouvelles élections, dénoncer une fraude électorale mais à long terme quelle efficacité donner à cette protestation?
Quand on sait que le Guide Suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié, samedi, la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad de “vraie fête“, le scrutin de “succès massif“. et finir par “La participation de plus de 80% et les 24 millions de voix pour le président élu sont une vraie fête qui peut garantir le progrès du pays, la sécurité nationale et une joie durable”
Dépêche AFP annonçant que les autorités iraniennes ont interdit à la presse étrangère de couvrir les manifestations illégales, dont celles des partisans du candidat malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi…Comment s’informer? Les journaux iraniens? A prendre avec des pincettes quand on sait, par exemple, que le directeur du quotidien Ettelaat est choisi par le Guide Suprême…Un indice : Washington a demandé au site Twitter de reporter une opération de maintenance du système pour que les opposants iraniens puissent continuer à l’utiliser.
Une action révélatrice qui confirme la tendance actuelle à penser que les réseaux sociaux sur Internet sont à présent de vrais relais d’informations, complémentaires aux organes de presse et qui, comme dans ce cas précis, les dépassent!
Pendant les grandes périodes d’opposition et de protestation, le journal en tant qu’objet faisait à lui tout seul figure de contestation, il passait de main en main. A présent ce sont Twitter, Facebook, les plateformes de blogs qu’il faut sauver et ce sont les adresses URL, les vidéos et les mails qu’on se passe sous le manteau…
C’est quand on porte atteinte à la libre-circulation des informations que celle-ci montre toute sa force et sa puissance!
Oui les iraniens bloguent, protestent en affichant sur la home-page de leurs blogs un “Where is my vote?” pour dénoncer un scrutin faussé.
Là où la presse trépasse, les réseaux sociaux sur Internet se font une place…
Selon Julien Pain, responsable du site participatif des observateurs sur France 24, « l’Iran est un des pays les plus connectés dans la région. Il y a près de 21 millions d’internautes pour 72 millions d’habitants ».
La première plateforme de blogs du pays, Blogfa, compte deux millions d’inscrits. Internet ratisse donc plus large que ce que l’on pourrait penser. C’est ce que souligne cette vidéo de la Vancouver Film School, qui parle même du «troisième plus grand pays de blogueurs».
IRAN: A Nation Of Bloggers from ayrakus on Vimeo.
« L’Iran a des infrastructures de qualité, ainsi que des fournisseurs d’accès privés. La population a un bon niveau d’éducation», explique Julien Pain.
Un point de vue conforté par Thierry Coville, chercheur à l’Iris: «Les Iraniens sont à 70% urbains. La modernisation de la société concerne l’ensemble du pays, pas uniquement les grandes villes», explique-t-il. Selon lui, « les Iraniens utilisaient beaucoup Internet pour la drague. Mais c’est aussi devenu un espace de mobilisation politique face à la répression exercée par le régime ». Mais comme le souligne Julien Pain, «il faut relativiser l’impact d’Internet». La jeunesse iranienne utilise les outils à sa disposition, mais le rapport de force avec le pouvoir, lui, se crée toujours dans la rue.
L’autre hic : c’est que toutes ces sources électroniques restent invérifiables par les journalistes…
Source :Suivez l’avancée du conflit heure par heure sur Libé.fr








on connait la suite…
Le 29 juin 2009 à 16:39